"Je me soulevais légèrement pour laisser ces mains si suaves s’emparer de moi, me caresser, me guider. Je ne savais comment me comporter pour collaborer à l’action et, pour le coup, à mon tour je me laissais faire. Par une légère reptation, Barbara sut comment nous ajuster l’un à l’autre, et il arriva un moment où je sentis que je quittais ses mains sans quitter son corps, ou que ses mains me quittaient sans m’abandonner, ne se retirant que pour me libérer, me laisser seul en elle, dans un contact nouveau, une continuité idéale entre elle et moi, mon sexe seul dans son sexe à elle, et moi tout entier enfin parvenu là entre les cuisses d’une fille, enfoncé là pour la première fois par ce bout de mon corps surgi du boutonnage de mes culottes courtes, qui y entraînait mon être tout entier jusqu’à en perdre la tête. C’était la première fois." Ironie d’Oriane (feutre mi figue mi-raisin) : 326 pages de ce long roman sur les culottes courtes pour en venir là, et ce n’est que le milieu du récit. Un libertinage bourgeois où l’affectation anglomane se mêle à l’autosatisfaction faussement modeste. Je préfère les livres plus crus, plus directs, un Henri Miller, un Sade, un Sader-Masoch, un Hodges qui disent plus justement les changements que le sexe produisent en l’homme son passage de l’être social à l’animalité. Ici la phrase n’en finit pas de se complaire à elle-même, tout tourne sans fin autour d’une seule obsession, celle, quasi-fétichiste, des culottes courtes.
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